
En le voyant approcher, sa mère lui fait un grand sourire.
- Dylan, mon poussin ! Il se faisait tard, je m'inquiétais, tu sais ?

- Maman, arrête de faire l'innocente ! C'est quoi, cette histoire de fiançailles ?!
Pénéloppe, imperturbable, répond en souriant:
- C'est un alliance. Ta jolie fiancée ne te l'a pas expliqué ? Nicolas sera l'héritier Aubry, et toi, l'héritier Poirier. Ainsi unies, nos familles seront plus fortes que jamais.

- Et ne fais pas cette tête, ajoute-t-elle avec malice. Je sais bien que cette nouvelle ne te déplaît pas.
- Ne dis pas n'importe quoi ! s'emporte Dylan, rouge de honte. Kamélia était hors d'elle ! Elle aime quelqu'un d'autre, et moi... je suis avec quelqu'un, tu sauras ! Ça se fait pas, de planifier ma vie sur un coup de tête ! J'ai que seize ans !
- Elle est jolie, non ?

Dylan se retourne pour cacher son trouble grandissant. Elle le connaît trop bien.
- Annule nos fiançailles, reprend-t-il d'un ton tranchant. Et que je ne te reprenne plus jamais à...
- Tu sais bien que je ne le ferai pas.
- Maman !
- C'est non.

- Non ? répète-t-il.
- Grandis un peu, Dylan.
- Grandir, c'est d'accepter tes décisions comme un con ? marmonne-t-il avec colère. Non, parce que si c'est ça...
- Grandir, c'est d'arrêter de penser à toi comme si tu étais le centre du monde, mon poussin. Parce que tu sais, seul, sans la notoriété de notre famille, tu n'as aucune valeur.
- Aucune valeur... ?
- Tu penses vraiment que je vais te donner de l'argent ? Mon pauvre cœur, si c'est ce que tu penses, tu te trompes. Tu veux faire comme ta tante ? Eh bien vas-y, fais-le. Mais tu finiras comme elle. C'est à dire pauvre, pitoyable... et déshonoré. Parce que tu ne seras plus mon fils.

Dylan se fige.
- Eh bien ? Rien à redire, mon poussin ?
La femme déguste sa victoire avec un sourire narquois.