
Ce soir-là, Dylan tarde à rentrer chez lui. Il a erré un peu partout, a tourné autour du bloc à de nombreuses reprises, sans jamais oser s'arrêter.

La tête basse, les épaules courbées, il approche de la demeure familiale. Même s'il n'a pas voulu inquiéter Sabrina, Dylan sait qu'il ne sera pas aisé de convaincre sa mère. Voire impossible. Il se prépare donc au combat avec appréhension. Mais est-il seulement obligé de le faire... ?
Une petite voix, au fond de lui, lui chuchote des choses qui le font blêmir de honte. Dylan ne sait plus quoi penser. Affronter sa mère, ... ou s'approprier celle qu'il considère comme la plus belle fille d'Orangeville ?
- Je suis vraiment con, murmure-t-il, la gorge nouée.
Parce que Dylan ne peut pas le nier.
Il n'a cessé de la désirer depuis leur première rencontre, sur l'île.

Pure et innocente, Kamélia est un ange ; du moins, Dylan l'imagine ainsi. Car oui, il pense à elle, parfois. Peut-être trop. Quand il ferme les yeux, il voit ses grands yeux verts.

Mais l'ange de ses rêves n'a d'yeux que pour ce gamin de Mathieu, et ça, il ne l'a toujours pas digéré. Qu'est ce qu'elle lui trouve ? Il est quelconque, timide, et peut-être un peu niais. Toujours dans les jupons d'Audrey, en plus...
Kamélia mérite mieux. Et pourquoi pas quelqu'un comme... lui ?
Mais ce soir, sa raison le pousse à dire non à toutes ces pensées malsaines. Honteux, il tente de les oublier, de les enterrer, et il pousse la porte avec rage.