
C'est le matin et les adolescents d'Orangeville se sont regroupés dans la cuisine pour manger. Il fait beau et l'air est particulièrement chaud ; le ciel d'azur est strié d'oiseaux tropicaux et les vagues achèvent d'emporter les restes de châteaux de sable du concours d'hier.
Je suis assise à la table des malchanceux. Bon, peut-être pas tout à fait, mais c'est presque ça. Catherine et Benjamin ont préféré se joindre à nous, ils disent qu'ils sont pas en couple et que c'est qu'un simple délire. Mouais...
Enfin, au final je m'en fiche. Je pars dans six jours et c'est tout ce qui importe.
- J'ai parlé à Nico, m'informe Audrey. Comme il reste quelques lits de libre...
- Eh ?
Elle me parle, celle-là ? J'étais perdue dans mes pensées. Décidément, je suis pas douée avec les gens...
- Ce serait pas un cinglé, ton frère ?
Un cinglé ? Oui, la description lui correspond à peu près.
- Parce qu'il a posté une annonce sur Facebook proposant de payer les billets des ados qui voudraient bien nous rejoindre.

- Chut Audrey, c'est l'idée du siècle ! se défend-il. M'man m'a donné son accord. Elle remboursera toutes les dépenses ! C'est pour le bien de la ville, après tout !
- Le bien de la ville ? répète Kamélia. T'es sûr que c'est sécuritaire d'inviter des inconnus ici ? Qu'est ce qui te dit que tu te feras rien voler ? Ça va attirer quel genre de personne, à ton avis ?
- Du calme Kamé, la rassure Amanda. Tu t'en fais pour rien.

- Je l'ai aidé à choisir les candidats, ajoute-t-elle avec enthousiasme. Ils viennent pour la plupart de Fraiseville. Sympa, non ?
Je pense que je dois dire adieu à mes vacances paisibles...
Kamélia a raison de s'inquiéter. C'est le plan le plus tordu que j'ai jamais entendu de toute ma vie. Et c'est mon frère qui y a pensé ? Misère !
- Imaginez les fêtes qu'on pourra faire ! s'exclame Nicolas. Hier c'était sympa, mais avec quelques personnes de plus...